mercredi 30 septembre 2009

The Secret Museum of Mankind


Un livre étrange publié en 1935 et qui comblera les amateurs de bizarreries et mystères...

http://ian.macky.net/secretmuseum/

mardi 29 septembre 2009

La communauté impossible

A voir de toute urgence.
To be seen.
Schau mal!

http://www.communaute-impossible.net/blog/index.php/2004/09


Je l'ai aussi ajouté dans les liens.
It's also in the blogs links on the right side.

Cataphiles

La spéléologie urbaine

Une communauté secrète de cataphiles

Florian Lebreton Stéphane Héas
La spéléologie urbaine est une pratique marginale, et illégale. Pour autant, elle a ses règles de conduite et des exigences importantes. En marge de toute reconnaissance institutionnelle, cette déambulation nocturne permet aux cataphiles le partage d’une expérience où les facettes de la personnalité et le statut social se troublent, multipliant les échanges secrets avec autrui. De la sorte se révèle une solidarité inédite, invisible dans le monde du « dessus », et se forme une communauté dont le fonctionnement s’apparente à celui d’une société secrète.Mots-clés : ethnologie, expérience, spéléologie urbaine, statut.

Urban speleology is a marginal practice which has nevertheless its rules of conduct and great requirements. It enables to share an experience in which facets of the self and of the social status change and secret exchanges with other people are multiplied. But it also reveals a new solidarity that is invisible in the world of « above » and a new community that functions like a secret society.Keywords : ethnology, experience, urban speleology, status.

Stadtspeläologie ist eine marginale und illegale Aktivität, die doch ihre Benehmenregeln hat und sehr anspruchsvoll ist. Am Rande jeder institutionellen Anerkennung ermöglicht dieses nächtliche Umhergehen den Kataphilen eine Erfahrung zu teilen, in der sich die Facetten der Persönlichkeit und des sozialen Status ändern und zur Vervielfachung geheimer Austäusche mit dem anderen führen. Daraus ergibt sich eine neue Solidarität, die in der « oberen » Welt unsichtbar ist, und es bildet sich eine Gemeinschaft, die wie eine geheime Gesellschaft funktionniert.Schlagwörter : Ethnologie, Erfahrung, Stadtspeläologie, Status.

dimanche 27 septembre 2009

Flags 2

Pour ceux qui seraient intéressés de dessiner un ou plusieurs drapeaux pour la communauté, voire même en créer pour des organisations au sein de la communauté, je vous mets en lien une liste de drapeaux un peu spéciaux.
Drapeaux controversés

jeudi 24 septembre 2009

Gigantisme & Mégaherbes

Nous en avions déjà parlé lors de la réunion fin juin...une proposition géographique/faune et flore. Cela peut en inspirer (ou pas) certains, rapport aussi à l'architecture...

Le gigantisme insulaire est un phénomène biologique par lequel la taille des espèces sur une île augmente de façon spectaculaire sur plusieurs générations. C'est une forme de sélection naturelle dans laquelle une taille plus importante assure un avantage de survie (voir la règle de Bergmann. La grande taille des herbivores les empêche généralement d'échapper ou de se cacher des prédateurs, mais sur les îles, ces derniers sont souvent absents. Ainsi, le gigantisme insulaire n'est pas une tendance évolutive du à un paramêtre foncièrement nouveau déterminant une aptitude (comme dans le nanisme insulaire), mais plutôt, le retrait de contraintes. Avec l'arrivée des humains et des prédateurs associés (chiens, chats, rats, porc), beaucoup d'espèces géantes endémiques des îles se sont éteintes. À la différence du nanisme insulaire, le gigantisme insulaire se retrouve dans la plupart des grands groupes vertébrés et aussi dans les invertébrés

http://fr.wikipedia.org/wiki/Gigantisme_insulaire

Les mégaherbes sont un groupe de plantes herbacées pérennes poussant dans les îles sub-antarctiques de Nouvelle-Zélande. Elles sont caractérisées par leur grande taille, avec des feuilles énormes et de très grandes fleurs souvent colorées, et se sont adaptées aux rudes conditions climatiques des îles. Le bétail introduit dans les îles au XIXe siècle a fortement réduit la population de mégaherbes, à tel point qu'au XXé siècle les mégaherbes étaient menacées d'extinction. Depuis le retrait du bétail en 1993, les mégaherbes se sont régénérées avec succès et de manière spectaculaire. Elles ont été décrites comme « l'expérience botanique exceptionnelle de la Nouvelle-Zélande ».

http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9gaherbes

mercredi 23 septembre 2009

Arrrghhh

J'essaie de faire un post depuis des heures et je ne peux pas le publier !!

Donc voici les liens et puis tant pis pour le reste, la mise en forme, la sélection de textes.

Tiki Culture
Exotica

Martin Denny, Hypnotique, 1958

mardi 22 septembre 2009

Communauté contemporaine

Created 28/05/2009

http://bibliobs.nouvelobs.com/20090528/12802/quand-julien-coupat-animait-tiqqun

Accusé d'avoir saboté des lignes de TGV, Julien Coupat [1]avait cofondé, en 1999, la revue «Tiqqun» [2], dont paraît un recueil de textes. Aude Lancelin a enquêté sur ce mystérieux collectif.

tiqqun1.JPG
[2]

La scène se passe au Lavoir moderne le dimanche 19 avril vers 19 heures. A l'initiative d'Eric Hazan [3], éditeur de La Fabrique, le philosophe italien Giorgio Agamben [4] est venu présenter un livre pas comme les autres, «Contributions à la guerre en cours»: le recueil de trois textes politiques et métaphysiques intenses, glacés et visionnaires, déjà parus en octobre 2001 dans la deuxième et dernière livraison de la revue «Tiqqun» [2]. Une revue au nom kabbalistique et en apparence défunte, une prose ardue mobilisant le dernier Foucault [5]autant que Carl Schmitt ou Pierre Clastres, un collectif d'auteurs revendiquant l'anonymat. Rien d'un événement mondain à première vue ni d'un meeting prônant la lutte armée qui justifierait la probable présence des RG dans la salle.

[1]

Rien de tout cela, non, hormis le fait que le ministère de l'Intérieur s'intéresse de près à tout ce qui touche à Julien Coupat [1], détenu depuis six mois dans l'enquête sur les sabotages de lignes TGV à l'automne 2008. Or nul n'en fait plus mystère, celui-ci était l'un des principaux animateurs de «Tiqqun», revue post-situ devenue un véritable mythe au tournant des années 2000. Quant à établir le rôle exact du jeune intellectuel de 34 ans dans l'écriture de «l'Insurrection qui vient», paru en 2007 et signé du Comité invisible, on s'abstiendra de seconder l'instruction sur ce point, tant celle-ci semble aujourd'hui acharnée à attribuer à Coupat l'entière paternité de cet essai grotesquement présenté en manuel du parfait terroriste champêtre.

«S'il y a quelqu'un du Renseignement intérieur dans la salle, j'espère qu'il aura bien compris cette fois...», lance Hazan ce soir-là, après avoir expliqué une fois encore que l'anonymat revendiqué par ces publications témoigne moins d'une volonté d'enfumer la police que d'un refus de la posture d'auteur. «Même les proches ne savent pas exactement qui y a mis la main.» Inspirateur et ami des Tiqqun, Giorgio Agamben [4] assène froidement à ses côtés quelques variations théoriques sur l'obsolescence de toute subjectivité. L'abstraction de son discours impatiente rapidement un public à l'évidence venu pour s'échauffer autour de «l'affaire Tarnac». [6] Des bobos du quai de Jemmapes, des jeunes «autonomes», quelques schizophrènes mal embouchés, dont l'un balancera une bouteille d'eau sur le philosophe vénitien. C'est pourtant à ce même Agamben que reviendra le mot le plus juste concernant la situation présente de Julien Coupat. Ainsi rappellera-t-il la réponse faite à ses accusateurs par un jeune communiste arrêté pendant la guerre d'Espagne: «Je n'ai jamais été un terroriste. Mais ce que vous croyez qu'un terroriste est, je le suis.»

[4]

Hommage du vice à la vertu, la criminalisation d'objets de pensée comme «l'Insurrection qui vient» est peut-être le signe qu'après vingt années de neutralisation par la dérision et le mépris l'intellectualité est en phase de redevenir une contenance suspecte aux yeux du pouvoir. A lire ces «Contributions à la guerre en cours» de Tiqqun, on ne peut qu'être frappé par la sorte de prémonition qu'on y découvre du traitement aujourd'hui réservé à certains de ses membres.

«Il suffit de si peu de choses pour être identifié par les citoyens anémiés de l'Empire comme un suspect, un individu à risque.»

Ou ceci, écrit il y a huit ans, qui résonne de façon si troublante:

«Dans la guerre présente, un rôle nous est réservé. Celui de «martyrs de l'ordre démokratique», qui frappe préventivement tout corps qui pourrait frapper.»

A constater le vide croissant du dossier Tarnac [6], difficile en tout cas de ne pas penser à «Minority Report», ce blockbuster de Spielberg [7] où l'on voyait une police orwellienne du futur intervenir sur les crimes avant même que leurs auteurs ne songent à les commettre.

insurrection_0.jpg
[8]

Difficile aussi de ne pas sourire en pensant aux fonctionnaires chargés d'écouter l'épicerie de Tarnac l'été 2007. Toujours soumis à un strict contrôle judiciaire, Benjamin Rosoux, qui en était le cogérant, nous l'assure en tout cas: «Les écrits de Tiqqun n'ont jamais été «le Petit Livre rouge» à la ferme du Goutailloux. Ils ont compté dans ma formation, mais certains y sont peu sensibles.» Opaque, secrète, hautaine, l'aventure Tiqqun demeure tout cela, des années après la séparation officielle du groupe. C'était un certain 11 septembre 2001, suite à une baston cataclysmique survenue entre eux alors qu'ils étaient tous réunis à Venise chez Agamben. Tenu par un pacte de silence, se défiant des médias encore plus que des flics, le noyau dur ne parle pas. Seuls les satellites et les proches s'expriment à l'issue d'une longue relation de confiance et sous couvert du plus strict anonymat. Celui-ci par exemple, qui a squatté plusieurs mois à leur QG, rue Saint-Ambroise dans le 11e, en compagnie de Coupat et ses amis :

«Hormis un ou deux mecs à la ramasse, c'était tous des esprits ultrabrillants. De vrais nerds des sciences humaines, qui avaient tout lu à 17 ans. Ils m'ont énormément appris.»

théorie-du-bloom.jpg
[2]

On ne s'amusait pas tous les jours dans la bande Tiqqun. Deux réunions de travail quotidiennes, dimanche compris. Des discussions sans fin, de 11 heures à 3 heures du mat. Il y avait là Stephan H., fils de famille pratiquante allemande, qui bossait sur Heidegger. Julien Coupat, bien sûr, qui avait arrêté ses études en 1997 après un DEA aux Hautes Etudes sur la pensée de Debord. Une étude critique remarquée par Luc Boltanski et Eve Chiapello, qui la citaient dans «le Nouvel Esprit du capitalisme» en 1999. Il y avait aussi Julien B., frêle jeune homme au style «free party», poète et mathématicien très pointu, le seul à ne pas être un fils de famille. Il y avait surtout l'Italienne Fulvia Carnevale, compagne de Coupat à l'époque, brillante littéraire et spécialiste de Foucault. «Très politisée, proche de Toni Negri à un moment, elle était la seule à s'être un jour battue à coups de barre à mine.» Aujourd'hui devenue une artiste contemporaine très cotée, c'est elle qui présenta le groupe à Agamben.

«Chaque virgule était votée, se souvient un témoin. Le travail était réellement collectif, du coup c'était l'enfer» Outre les deux numéros de la revue, Tiqqun fait paraître une sorte de cadavre exquis, «Premiers Matériaux pour une théorie de la jeune fille», critique de l'aliénation spectaculaire à la manière de l'école de Francfort, humour et cynisme en plus. Un texte qui suscita une vraie effervescence à l'époque, de la cafétéria de Normale sup jusqu'aux branchés de «Technikart». Il y aura aussi «Théorie du Bloom», édité en 2000 par Eric Hazan [3]. Les Bloom, terme emprunté à Joyce, ce sont «les atomes frileux de la société impériale». Ceux qu'on a dressés à voir «la violence» en mal radical, et par là même à rejeter tout ce qui en eux pouvait encore être porteur d'intensité.

«C'est une revue qui à un moment donné, dans un désert complet, a fait une proposition radicale, altière, étrange, et en ce sens tout à fait estimable», explique François Meyronnis [1], coanimateur de la revue «Ligne de risque».

noir-et-blanc.jpg

Lui-même se souvient d'avoir été convié une fois avec le romancier Yannick Haenel [2] à une réunion des Tiqqun dans un bar en face de Saint-Nicolas- du-Chardonnet. Le contact passe mal entre Coupat [3] et Meyronnis. Trouvant puéril d'aller voir le film «Fight Club» en bande, ainsi que les Tiqqun l'envisageaient ce soir-là, ce dernier se voit sèchement accusé d'«appartenir à un régime ancien de vérité». L'écrivain et éditeur Michel Surya se revoit aussi étrangement «convoqué» un soir par neuf jeunes procureurs austères, chacun ayant en main un exemplaire de son essai «De la domination», et le soumettant à un feu roulant de questions.

tiqqounerie_1.jpg

Ce dernier reconnaît aussi qu'avec Tiqqun [4]quelque chose se passait enfin après le grand saccage des années 1980. «Un vrai travail émanant de gens très jeunes, commente Surya, avec une réelle volonté de reprendre les choses là où le situationnisme les avait laissées.» Quant aux «passages à l'acte», ceux-ci étaient très limités, sinon franchement burlesques. Déposer des kilos de merde devant le magazine «20 Ans». Déployer des banderoles à messages abscons du genre «La fin d'un monde s'annonce par des signes contradictoires». Envoyer des lettres d'injures à des penseurs comme Jean-Luc Nancy. Ou bien encore ce bombage géant qu'Alain Badiou [5]découvrira en sortant de son domicile sur le mur d'en face, à la grande stupéfaction de sa concierge: «Badiou, platonisme pour branchés».

Sur le plan théorique, la revue «Tiqqun» revendique à la manière surréaliste toutes les actions perturbatrices commises à travers le monde, tous les crimes et «actes étranges», qu'ils interprètent en symptômes d'un même ravage planétaire. Le fantasme messianique d'une apocalypse imminente traverse la revue, dont le nom même, «Tiqqun», signifie en hébreu restitution, réparation. La doctrine des «actes étranges» renvoie à la tradition de Sabbataï Tsevi, personnage reconnu comme le Messie par une grande part du monde juif au XVIIe siècle. La piste «sabbatéenne» n'est toutefois pas à exagérer dans cette affaire, et cela même si Julien Coupat, déjà trilingue, apprendra l'hébreu en Israël. Certains y voient avant tout un effet décoratif que leur aurait soufflé Agamben. Pas de quoi en tout cas faire de Coupat ce «pervers prince des ténèbres» que certains voulaient voir en Debord [6] à la fin des années 1970.

arrestation-coupat.jpg
Thierry Zoccolan
Arrestation de Julien Coupat, le 11 novembre 2008 à Tarnac

Dans les faits, les actions de Tiqqun ne sont vraiment pas de celles qui font venir la police. «Le seul affrontement physique que je leur ai connu, c'était avec des mecs de la CNT à la fin d'une manif du 1er-Mai, se souvient un proche. De toute façon on ne sortait quasiment jamais. Interdiction d'écouter de la musique, aussi. Julien n'aimait pas ça.» Les filles n'étaient pas nombreuses non plus. A peine deux. Outre Fulvia, l'écrivain Chloé Delaume [7] fera en effet partie de Tiqqun lors de sa fusion de quelques mois avec le groupe de Mehdi Belhaj Kacem [8]. Entre ce dernier et Tiqqun, la rupture sera précipitée par la médiatisation de l'écrivain, vécue comme une trahison. Ce dernier optera pour Badiou, le retrait en Corrèze et un long travail théorique l'amenant aujourd'hui à publier «l'Esprit du nihilisme». Fidèle à Agamben, Julien Coupat prendra lui aussi la tangente corrézienne, tout en faisant le choix d'une articulation entre pensée et pratiques militantes.

belhaj kacem.JPG
©Baltel/Sipa
Mehdi Belhaj Kacem

Après bien des blessures mutuellement infligées, Mehdi Belhaj Kacem [8] se fait aujourd'hui l'avocat de ce frère ennemi (lire son interview exclusive [9]). Toute l'intelligentsia semble prise de cours aujourd'hui par «le cas Coupat». Une pétition de soutien réunissant les grands noms de la pensée radicale a très tôt été publiée en 2008. Mais d'autres reprochent aujourd'hui aux défenseurs des inculpés de Tarnac de mettre en avant l'absolue innocuité politique de ceux-ci. Aux yeux d'un situationniste de renom comme Anselm Jappe, c'est la criminalisation à outrance de toutes les formes de contestation qui ne sont pas strictement «légales» qu'il s'agissait de dénoncer à travers «l'affaire Tarnac», au lieu de se replier ainsi derrière une défense platement sociale-démocrate (1).

Comme à son habitude, donc, l'ultragauche se bouffe le nez, et pendant ce temps rien ne vient du côté des divas parisiennes du Flore qui avaient pris fait et cause pour un Cesare Battisti aux états de service pourtant autrement litigieux. On se souvient cependant que le Sartre des années 1960 avait sur la question des violences sociales une position publique extrêmement radicale, qui pas plus que Guy Debord [6] ne le conduisit jamais à la prison de la Santé, contrairement à Julien Coupat. Il est vrai que le général de Gaulle, qui gouvernait alors, respectait les livres.

jeudi 17 septembre 2009

News

Chers communautaires,

Vous pouvez désormais ajouter des liens vers des blogs sur la droite de la page ainsi que faire des recherches à l'intérieur par mots clés via la barre de recherche Google.
Il faudrait aussi penser à rédiger un texte de présentation pour l'inclure soit en en-tête, soit à droite de la page (avis aux inspirés, propositions bienvenues en commentaire de ce message).

Bon bloggage !

mercredi 16 septembre 2009

http://www.youtube.com/watch?v=L-YkgZuTZK4&hl=fr

Conversation with Raoul Vaneigem



Hans Ulrich Obrist,
In Conversation with Raoul Vaneigem.

A Publication of e-flux Journal#6 of Mai 2009.

Through the conversation, some interesting remarks upon the necessity of development of local communities in a post-collapse capitalistic economy Society.
It's a little long but definitely worths it.

To be consulted here.

Laurent

Michel Maffessoli, Le réenchantement du monde




"Dans ce livre au style raffiné, Michel Maffesoli reprend des thèmes qui lui sont chers : présentéisme, communauté proximale, néotribalité, effervescence, ritualité, prolifération cultuelle et culturelle… L’enjeu et la cible ? La morale transcendantale de type kantien ou judéo-chrétien, la dialectique du futur, de l’ « après », de l’ « horizon radieux », dénoncée jadis par Alexandre Zinoviev, et du progrès. La mutation probable ? Elle consisterait, beaucoup plus qu’on ne le pense, selon l’auteur, dans la capacité à observer et faire vivre et proliférer ce qui est appelé « l’étoffe du réel » (chapitre 1). Pour arriver à quoi ? à une conception éthique du partage et du don, de la coprésence vivifiante des individus en recherche de niches culturelles originales : « Démarche herméneutique, phénoménologique s’inscrivant dans un relativisme généralisé. C’est-à-dire capable de voir et de penser, tout à la fois, la décomposition du monde moderne et de sa morale universelle, et l’émergence d’un autre, beaucoup plus fragmentaire, fait d’éthiques juxtaposées. C’est cette complexité vivante qui est le défi auquel on est confronté » [p. 19]. « Ces éthiques plurielles quant à elles, sont essentiellement labiles et provisoires. Mais plutôt que de se lamenter face à ce côté mouvant, incertain, non institué des phénomènes en question, ne peut-on pas y voir l’expression d’un humanisme authentique ou intégral, à savoir une conception de la chose humaine, dynamique, explosive, précaire mais intense ? En bref, la vie, en son aspect constructeur mais aussi destructeur » [p. 33].

Guetteur et analyste des formes de sociabilités anomiques, « en dehors-de-la-loi » (la « loi » étant connotée philosophiquement en tant que règle mortifère et souvent étouffante), l’auteur traque, avec un sens heureux de la formule, les linéaments de ces cultures sentimentales et électives qui se juxtaposent, en parallèle et en mille-feuilles, durant cette période de postmodernité. Le réenchantement du monde signifie ainsi sortir d’une doctrine totale (monothéiste, chrétienne, marxiste, capitaliste, progressiste) pour s’ouvrir à des expérimentations in situ, hic et nunc. C’est pourquoi dans le chapitre 2, Maffesoli revient sur ce qu’il qualifie de « morale saturée » et il vise - on l’aura bien compris - tout autant les monothéismes, les formes dérivées (socialismes, marxisme, les apologies du progrès : « L’idéologie du progrès est, par contre, maladivement discursive. Elle a la brutalité du concept » [p. 63]) que les injonctions rationalistes ou les totalitarismes (stalinisme, fascismes, [néo]nazismes). Pensée du déroutement et de la déroute de la « bienpensance », l’approche maffesolienne est, depuis longtemps, soucieuse de réfléchir sur la nature du nomadisme, de l’underground, de l’émergence et de l’accommodement face au présent et à sa diversité. Mais c’est bien la raison elle-même, dissolvant, depuis le 18e siècle, les notions d’imaginal, de mythe, de pulsion et de « viscosité sociale » des individus en interaction, qui est pointée du doigt : « Car l’idéal de la vie morale qui trouve son acmé au siècle des Lumières repose sur une explication du monde rationnelle, plus scientifique, affranchie du mythe et des divers présupposés obscurantistes. Avec le recul, on peut voir dans un tel idéal moral la nouvelle religion de la modernité. Religion gouvernée par la déesse Raison » (p. 65). L’enfer étant pavé de bonnes intentions, l’auteur égrène toutes les conséquences modernes et postmodernes du « faire le Bien », malgré la volonté de telle ou telle personne, qui est ainsi conduite vers un chemin dogmatique, au nom d’une vision reportée « à plus tard » de son intérêt particulier. L’un des grands thèmes mis en exergue est l’attention à l’hétérogène, au clair-obscur, aux alliages (Soleil/Nuit, Dieu/Satan, Mal/Bien, grisé). De ce point de vue, le polythéisme, le néopaganisme, la relativité de l’existence, le tragique humain, l’instinctuel, l’inconscient collectif, la finitude de l’être, la joie orgiaque, le festivisme, le localisme, l’émotion en groupe, l’« immoralisme éthique » sont opposés à la rectitude d’une morale imposée par des orthodoxies qu’elles soient religieuses ou politiques."

La suite ici pour ceux que ça intéresse.

Petite histoire des communautés et résidences d'artistes au XXe siècle, par Claire Moulène


Douche, Monte Verità, Juin 2009, photo TB


Ce texte a été publié dans le catalogue de l'exposition "Grand chaos et tiroirs" organisée par Mathilde Villeneuve et Claire Moulène à l'issue d'une résidence de 4 mois aux Arques dans le Lot en 2008, résidence à laquelle ont participé Abäke, Boris Achour, Alexandre Dimos, Aurélien Froment, Benoît-Marie Moriceau, Jean-Luc Moulène et Raphaël Zarka.
Il me semble être un bon résumé de cette histoire des communautés d'artistes utopiques (en particulier le passage sur Monte Verità et la théorie du réenchantement qui mériterait un post en soi). Extraits:

" En effet il suffit de se pencher un tant soit peu sur l'histoire des résidences pour rapidement constater que les initiatives les plus passionnantes ont vu le jour du côté des artistes et des groupes. Bref de ce qu'on appelait pas encore les collectifs d'artistes. Alors qu'aujourd'hui, marché de l'art oblige, les artistes contemporains se pensent avant tout comme des entrepreneurs qui mènent leur barque en solitaire (même s'il faut reconnaitre que l'on assiste chez les plus jeunes à un étrange phénomène de "mise en tandem" ou "mise en réseau"), il fut u temps où la volonté de faire mouvement, indissociable du groupe, prévalait. on trouvait alors des mouvements autoproclamés avec rédaction de manifeste à l'appui. Des communautés d'artistes sans lieu, relayées de temps à autre par des communautés d'artiste en quête d'un espace adapté à leur recherches et susceptibles de renforcer encore l'identité collective. A l'intérieur de cette catégorie, on peut distinguer deux groupes: ceux que nous classerons du côté des "projets utopiques" dont la mise en commun, la communauté au sens strict, constitue le sujet même; et ceux que nous appellerons les "communautés pratiques" dont l'objectif est de faciliter le partage des données et la force de lisibilité du mouvement.
L'histoire du Monte Verità d'une part et celle de The Land d'autre part, sont à ce titre emblématique de premier groupe. En pleine révolution industrielle apparaît le naturisme: en Europe et aux Etats-Unis, on tente alors de fuir la pollution des villes, de créer des communautés et des cités-jardins pour vivre en harmonie avec la nature. Dans cette mouvance, un théosophe suisse, Alfredo Pioda, tente d'établir en 1889 un couvent laïque. Le groupe éphémère prend le nom de Fraternitas et s'installe sur le mont Vérité (Monte Verità) près du lac Majeur en Suisse. A peine avorté, le projet Fraternitas prend un nouvel élan sous l'impulsion de Henri Oedenkoven et Ida Hofmann qui dès 1900le rebaptisent Monte Verità pour donner naissance à une communauté du même type. La colline se peuple alors d'artistes et de penseurs venus de partout: l'écrivain Herman Hesse, l'inventeur de la gymnastique rythmique Emile-Jacques Dalcroze, Isadora Duncan, pionnière de la danse moderne et féministe avant l'heure, Otto Gross, Kandinsky, Hugo Ball, Picabia, Rudolf Steiner, le futur philosophe Martin Buber, le chorégraphe et théoricien de la danse Rudolf von Laban... Les membres fluctuants de cette joyeuse troupe, qui préfigure déjà les expérimentations hippies des années 70, exposent leur corps nus au soleil, construisent des maisons de bois, s'adonnent à des discussions sans fin, improvisent des concerts et des performances. Tous se réfèrent de près ou de loin à l'utopie de l'art total, d'inspiration germanique post-wagnérienne dont on ne trouve pas vraiment d'équivalent en France. Très vite Monte Verità devient un lieu de pélerinage pour de nombreux intellectuels à la recherche d'un affranchissement spirituel et corporel. La communauté éclatera finalement avant la Première Guerre mondiale, non sans avoir durablement marqué l'histoire de la danse en particulier et l'histoire de l'art en général.
A l'autre extrémité du XXe siècle, le projet initié par deux artistes thaïlandais et relayé par Rikrit Tiravanija en 1998, constitue une illustration remarquable de ces tentatives communautaires. Situé sur un terrain du village de Santapong près de Chiang Mai en Thaïlande, dans une région où l'oncultive traditionnellement le riz, The Land est l'exemple type du projet "utopique". Une recherche artistique menée en dehors des frontières étroites des institutions et du monde de l'art, qui plus est dans la réalité concrète d'un pays émergent. Véritable laboratoire expérimental axé sur des techniques agricoles précises qui respectent l'environnement, The Land rassemble des artistes venus du monde entier, parmi lesquels Atelier Ven Lieshout, Tobias Rehberger, Fischli & Weiss, le collectif danois Superflex, Philippe Parreno et l'architecte François Roche. Superflex y réalise un système de production de biogaz Supergas, Parreno et Roche créent une machine poétique et pragmatique visant à produire de l'électricité naturelle grâce à la force motrice des buffles. D'autres, comme Kamin Lerdchaiprasert et Prachya Phintong, construisent un abri de jardin pour accueillir le jardinier qui doit veiller au bon fonctionnement du lieu et mettent en place un programme de pêche, tandis que Tiravanija y installe un espace de vis fonctionnel: le rez-de-chaussé équipé d'une cheminée est conçu comme un lieu de vie et de réunion, le deuxième étage est réservé à la méditation et le troisième consacré au repos. S'il s'gait en soi d'un projet artistique, The Land se défend depuis le début de constituer un espace à visiter ou une ultime exposition exotique. Il s'agit au contraire de s'imposer à la fois comme un laboratoire où l'on imagine de nouveaux modes de production et de relation et comme un lieu de vie à part à entière largement intégré dans le paysage t le contexte socio-économique alentour.
Pendant fantasmé à ces expériences communautaires tangibles, le film Streamside Day de l'artiste français Pierre Huyghe enregistre la naissance d'une communauté installée dans un nouveau lotissement aux confins de la rivière Hudson. A l'écran: un rêve pavillonnaire, une communauté masquée et travestie, une réactivation des rites de passage et de célébration. Parfaitement factices, la mise en scène et les usages instaurés par l'artiste semblent avoir pour objectif de scénariser un réel désenchanté en injectant du mythe là où il n'y en a plus, comme une dernière tentative de produire du lien. En inventant des modalités d'être ensemble activées ou réactivées par les notions de jeu, de fête et de partage, Pierre Huyghe renoue avec l'American Dream (une suface de projection possible pour le rêve collectif) et permet la consolidation d'une communauté (bien réelle celle-ci) autour de signes d'appartenances communs."

mardi 15 septembre 2009

Le désert de Retz à Chambourcy

Le désert de Retz est un jardin anglo-chinois – ou folie– créé à la fin du XVIII ème siècle par un aristocrate, François Nicolas Henri Racine de Monville, modèle de gentilhomme au XVIIIe siècle. Passioné de botanique et d'horticulture, il devient Grand Maître des Eaux et Forêts de Normandie. Petit à petit il fit aménager son terrain en y plantant des essences rares, un jardin d'herbes, un potager, un étang et une îe, dite île du bonheur, complètent le paysage.

http://1.bp.blogspot.com/_4eIGLXWapWE/RbUP1aFUESI/AAAAAAAAAOc/76FkhAK0YZo/s400/RetzMap.jpg

Établi dans un domaine de 40 ha situé en bordure de la Forêt de Marly, à Saint-Jacques de Roye (ou le Retz), dans la commune de Chambourcy

Il se caractérisait notamment par la construction de 17 (ou 20) fabriques dont seulement une dizaine subsistent encore. Ces fabriques, qui faisaient référence à l’Antiquité ou à un certain exotisme, comprenaient notamment une glacières en forme de pyramide égyptienne,

http://www.insolite.asso.fr/insolite/Desert-de-Retz.jpg

un obélisque, ainsi qu’un temple dédié au dieu Pan.

http://archizoom.epfl.ch/webdav/site/archizoom/shared/Archives_expos/Desert1.jpg

On y trouvait également un pavillon chinois, aujourd’hui disparu. La plus importante de ces fabriques était la propre maison d’été de M. de Monville, en forme de section de colonne tronquée et ruinée.

Désert de Retz, Chambourcy


Liste des fabriques :

D’après un plan de 1785 fait de la main de Monsieur de Monville :

  • La Colonne détruite.
  • Roche, entrée du jardin
  • Temple au Dieu Pan
  • Église gothique ruinée
  • Maison chinoise
  • Laiterie
  • Métairie arrangée
  • Hermitage
  • Orangerie
  • Isle du Bonheur
  • Serres Chaudes
  • Chaumière
  • Tombeau
  • Pyramide glacière
  • Obélisque
  • Communs
  • Théâtre découvert

À cette liste il faut rajouter :

  • La Tente tartare
  • Le Temple du repos
  • Le Petit Autel




lundi 14 septembre 2009

Ailleurs

Ailleurs est un recueil de textes d' Henri Michaux, publié en 1948.

Il réunit trois recueils déjà publiés précédemment

  1. Voyage en Grande Garabagne publié en 1936
  2. Au pays de la Magie publié en 1941
  3. Ici, Poddema publié en 1946
Il s'agit pour ces trois oeuvres de carnets fictifs qui décrivent des peuples, animaux ou flores imaginaires.

Ce sont des textes magnifiques qui sont aussi à rapprocher de l'œuvre de Borges et notamment son livre Fictions paru en 1944.

Ces textes publiés à la même époque font preuve de similarités étonnantes,bien qu' écrits par des auteurs à l'approche, à la démarche et sensibilité complètement différentes.
A lire absolument , si ce n'est pas encore fait.
Laurent.

dimanche 13 septembre 2009

Architecture





Sun City
San Diego Mormon temple
New Harmony
Auroville
Arcosanti

Le Santo Daime

(Saint Don) est un mouvement religieux originaire de l’Amazonie brésilienne dont le fondateur est Raimundo Irineu Serra (né en 1892).

L'Ayahuasca, Sacrement du Santo Daime

Raimundo Irineu Serra a travaillé à l’extraction du caoutchouc dans la forêt amazonienne où il aurait rencontré un ou plusieurs chamanes qui lui ont fait découvrir l’Ayahuasca, un breuvage de plantes dont l'usage dans ces contrées semble immémorial.

http://www.erowid.org/plants/banisteriopsis/images/archive/banisteriopsis_caapi4.jpg

La mythologie raconte que Ayahuasca était le nom d’un grand guerrier Inca qui, pour fuir les massacres des conquistadors espagnols, se serait réfugié à Machu Picchu en passant par les sentiers secrets des Incas, dans la forêt amazonienne, d’où il a répandu la sagesse de son peuple et l’usage de la Boisson Sacrée appelée également « liane de l’âme » ou encore « liane des morts » .

http://www.reticencias.com.br/CHAVE/feitio2008-06-thumb-500x375.jpg

En 1930, Raimundo Irineu Serra, appelé Mestre Irineu, fonda une lignée spirituelle qui utilise l’Ayahuasca comme sacrement, rebaptisée Santo Daime, dans le cadre de la tradition chrétienne en syncrétisme avec le chamanisme et les valeurs spirituelles du métissage brésilien (amérindien, africain, oriental ). Il réunit autour de lui des personnes de croyances et de conditions sociales extrêmement différentes pour préserver les rites des peuples asservis tout en les réconciliant avec la foi chrétienne.

http://arcadauniao.org/img/edicoes/Image/2007/10/cronica10.jpg

À sa mort, Sébastião Mota de Melo, qui travaillait avec lui dans cette lignée spirituelle a fondé la communauté Daimiste « Colônia Cinco Mil » à Rio Branco en Acre. Au fil des ans, la communauté a pénétrée la forêt amazonienne, où elle s’est fixée, d’abord à « Rio do Ouro », pour s’installer ensuite à « Ceu de Mapia » avec l’accord du gouvernement brésilien, qui leur a confié la protection de deux réserves forestières nationales : Purus, 256 mille hectares et Mapia-Inaumi, 311 mille hectares.

Sébastião Mota de Melo est mort à Rio de Janeiro en 1990. Son fils Alfrédo Grégorio de Melo a pris sa succession et continue, avec l’expansion du mouvement dans le monde, de répandre la foi Daimiste.

Le Santo Daime au Brésil


geraldine

Le Santo Daime est officiellement reconnu au Brésil depuis 1972, après une étude diligentée par le "Confen" (bureau fédéral des narcotiques) et la "Dimed" (ministère de la santé publique). Le rapport de ces deux organismes gouvernementaux brésiliens a conclu à l’innocuité des principes psychoactifs contenu dans l’Ayahuasca et à l’impact positif de ce culte sur l’intégration sociale de ses membres.

Un génial documentaire français :

www.youtube.com/watch?v=kX7WVLitQnA

et le site francophone:

http://www.santodaime.be/fr_bienvenue.html

http://www.flipflopflyin.com/g/santodaime.png

Oneida ou l'utopie réalisée




Parmi les entreprises communautaires du siècle dernier, issues plus ou moins directement de Fourier, une seule se détache comme ayant résolument mis en pratique la mise en commun intégrale non de la seule propriété, mais aussi de la vie affective et sexuelle : il s'agit de la communauté d'Oneida aux États-Unis, dans l'état de New-York, à la fois phalanstère et secte d'origine protestante qui devait curieusement, à son insu, retrouver nombre de principes et pratiques du taoïsme de la Chine ancienne.
C'est sans contredit l'une des plus remarquables expériences connues de ce type. Elle s'est développée pendant 32 ans (1848-1880), groupant jusqu'à trois cents membres. Économiquement productive, elle était tournée vers l'agriculture, les fruits, les légumes, sans exclure aussi de petites industries (conserves, couverts, etc.).

Mais il faut insister sur l'origine résolument religieuse de la communauté. Son fondateur, J.H. Noyes, tout d'abord évangéliste, devient ensuite une sorte de prophète inspiré, revendiquant l'entière liberté des enfants de Dieu, en une sorte d'anarchisme mystique à la recherche de l'effusion du Libre Esprit divin. Le seul office proprement dit de règle pour les communautaires consistait en séances de « critique mutuelle », où à tour de rôle les participants, désignés par ordre alphabétique, devaient subir en silence l'exposé par les autres de ses fautes et déficiences : sorte de psychothérapie de groupe fort pénible, mais jugée très bénéfique par les témoignages ultérieurs rétrospectifs. Le «criticisme » , disait Noyes, doit être une combinaison de vérité et d'amour.

Rotation des partenaires

Mais l'originalité foncière d'Oneida était l'abolition du mariage, justifiée par une curieuse exégèse des textes bibliques ; ou plus exactement, l'institution du « mariage complexe » unissant tous les hommes et toutes les femmes de la communauté, le partage réciproque des personnes parachevant la mise en commun totale des biens. Toute espèce de grivoiserie était exclue ; les femmes étaient sobrement vêtues, très court, cheveux coupés, sans bijoux, et les enfants mis en garde par le prophète contre le péché et l'enfer. Une rotation des partenaires était requise, selon un rythme en gros hebdomadaire, ou de deux à quatre jours. Laissée au début à l'initiative de chacun, une intervention dans les choix s'avéra nécessaire pour égaliser les chances. Plutôt qu'un tirage au sort d'abord réclamé par certains, Noyes préféra confier la régulation aux bons et discrets offices de médiateurs et médiatrices choisis parmi ceux que désignaient leur âge, leur maturité, leur piété ; à eux revenait aussi la tâche de l'initiation amoureuse des jouvencelles et jouvenceaux. Il fallait en effet que ces derniers acquièrent au départ, entre les mains de femmes ménopausées, une parfaite maîtrise de l'acte sexuel.

Le devoir impératif de contraception était en effet une pierre angulaire de la communauté, par la technique dite « d'Oneida », à savoir l'étreinte réservée, déjà familière au vieux taoïsme (et sans doute à l'amour courtois médiéval). Noyes avait été dans sa vie conjugale pré-oneidienne douloureusement marqué par les grossesses à répétition de son épouse, dont au surplus les bébés étaient morts, sauf un. Plutôt que de prêcher l'abstinence comme tant d'autres réformateurs de l'époque, il avait donc découvert les bienfaits du coït prolongé sans éjaculation, libérant la femme de l'obsession d'être enceinte et lui conférant une entière disponibilité sexuelle.

Il semble qu'un réel bonheur, une grande santé mentale aient régné dans la communauté : c'est en tout cas ce que confirment la rareté des départs, le dynamisme de l'économie et l'afflux de nouveaux membres (un cérémonial était prévu pour libérer les couples arrivant mariés). Cette réussite, l'épanouissement apparent des enfants (élevés en commun dans une maison d'enfants, sauf visites chez leurs mères), affermissaient Noyes dans la certitude que la voie choisie était la bonne, voulue de Dieu et agréée par lui, quels que soient les jugements du dehors (les autres enfants traitaient ceux d'Oneida de « bâtards du Christ » et autres gentillesses, que connut aussi Summerhill). Le fondateur opposait la netteté de la vie sans hypocrisie des communautaires aux concupiscences, aux tromperies si fréquents dans l'état habituel du mariage.

« Parents sélectionnés »

Chose à noter, ce ne fut pas l'intervention du pouvoir civil qui mit fin à Oneida en tant que communauté sexuelle, mais bien plutôt le développement de tensions internes, liées tant au vieillissement du chef qu'à une résistance croissante à la hiérarchie de fait interne, même déguisée en « compagnonnage ascendant ». La disjonction radicale des fonctions amatives et reproductives livrait celle-ci à la directivité utopique et à ses abus. Féru d'eugénisme, lecteur de Darwin, Noyes entendit sur le tard réserver le droit de reproduction à des géniteurs et génitrices désignés à cette fin (encore que ce soit parmi des volontaires) : 58 enfants naquirent ainsi de « parents sélectionnés ». Oneida était de moins en moins religieux, de plus en plus « socialiste », de plus en plus entre les mains d'un leader vieilli entouré de ses dignitaires, et la communauté allait finir par se lézarder. Il semble que l'étincelle qui mit le feu aux poudres fut l'opposition croissante à la confiscation par Noyes surtout (et les anciens) du privilège d'initier les jeunes filles : d'où trop de frustrations chez les autres.

Usé par l'âge, par la surdité, face à des attaques extérieures sans cesse plus virulentes et à la désunion interne, Noyes prit un beau jour le large, en recommandant d'abolir le mariage complexe, clef de voûte du système : Oneida avait vécu, et se transforma en une simple coopérative avec parts et actions. Le rêve du paradis insulaire s'évanouit avec son créateur.


François ELLENBERGER•

(D'après « La Société festive », par Henri Desroche, Le Seuil, 1975)


en plusse :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Communaut%C3%A9_d%27Oneida

samedi 12 septembre 2009

The Diggers

The Diggers were an English group of agrarian communists, begun by Gerrard Winstanley as True Levellers in 1649, who became known as "Diggers" due to their activities.

Their original name came from their belief in economic equality based upon a specific passage in the Book of Acts. The Diggers tried to reform (by "levelling" real property) the existing social order with an agrarian lifestyle based on their ideas for the creation of small egalitarian rural communities. They were one of a number of nonconformists dissenting groups that emerged around this time.

They denounced in the 17Th Century already concentrated power, private porperty, and the capitalist money economy which is not dominant yet. They see clearly the violence of that kind of system, monopoly and power.

They gave birth to lots of other groups afterwards in the time like the San Francisco Diggers.

see: www.diggers.org and for the complete original texts www.rogerlovejoy.co.uk/philosophy/diggers


Here is one of their manifests,

bonne lecture.

Laurent



We whose narnes are subscribed, do in the name of all the poor oppressed people in England, declare unto you, that call your selves lords of Manors, and Lords of the Land, That in regard the King of Righteousness, our Maker, hath inlightened our hearts so far, as to see, That the earth was not made purposely for you, to be Lords of it, and we to be your Slaves, Servants, and Beggers; but it was made to be a common Livelihood to all, without respect of persons: And that your buying and selling of Land, and the Fruits of it, one to another, is The cursed thing, and was brought in by War; which hath, and still does establish murder, and theft, In the hands of some branches of Mankinde over others, which is the greatest outward burden, and unrighteous power, that the Creation groans under: For the power of inclosing Land, and owning Propriety, was brought into the Creation by your Ancestors by the Sword; which first did murther their fellow Creatures, Men, and after plunder or steal away their Land, and left this Land successively to you, their Children. And therefore, though you did not kill or theeve, yet you hold that cursed thing in your hand, by the power of the Sword; and so you justifie the wicked deeds of your Fathers; and that sin of your Fathers, shall be visited upon the Head of you, and your Children, to the third and fourth Generation, and longer too, till your bloody and theeving power be rooted out of the Land.

And further, in regard the King of Righteousness hath made us sensible of our burthens, and the cryes and groanings of our hearts are come before him: We take it as a testimony of love from him, That our hearts begin to be freed from slavish fear of men, such as you are; and that we find Resolutions in us, grounded upon the inward law of Love, one towards another, To Dig and Plough up the Commons, and waste Lands through England; and that our conversation shall be so unblameable, That your Laws shall not reach to oppress us any longer, unless you by your Laws will shed the innocent blood that runs in our veins.

For though you and your Ancestors got your Propriety by murther and theft, and you keep it by the same power from us, that have an equal right to the Land with you, by the righteous Law of Creation, yet we shall have no occasion of quarrelling (as you do) about that disturbing devil, called Particular propriety: For the Earth, with all her Fruits of Corn, Cattle, and such like, was made to be a common Store-house of Livelihood to all Mankinde, friend, and foe, without exception.

And to prevent your scrupulous Objections, know this, That we Must neither buy nor sell; Money must not any longer (after our work of the Earths community is advanced) be the great god, that hedges in some, and hedges out others; for Money is but part of the Earth: And surely, the Righteous Creator, who is King, did never ordain, That unless some of Mankinde, do bring that Mineral (Silver and Gold) in their hands, to others of their own kinde, that they should neither be fed, nor be clothed; no surely, For this was the project of Tyrant-flesh (which Land-lords are branches of) to set his Image upon Money. And they make this unrighteous Law, That none should buy or sell, eat, or be clothed, or have any comfortable Livelihood among men, unless they did bring his Image stamped upon Gold or Silver in their hands.

And whereas the Scriptures speak, That the mark of the Beast is 666, the number of a man; and that those that do not bring that mark in their hands, or in their foreheads, they should neither buy nor sell, Revel. 13.16. And seeing the numbering Letters round about the English money make 666, which is the number of that Kingly Power and Glory, (called a Man) And seeing the age of the Creation is now come to the Image of the Beast, or Half day. And seeing 666 is his mark, we expect this to be the last Tyrannical power that shall raign; and that people shall live freely in the enioyment of the Earth, without bringing the mark of the Beast in their hands, or in their promise; and that they shall buy Wine and Milk, without Money, or without price, as Isiah speaks.

For after our work of the Earthly community is advanced, we must make use of Gold and Silver, as we do of other metals, but not to buy and sell withal; for buying and selling is the great cheat, that robs and steals the Earth one from another: It is that which makes some Lords, others Beggers, some Rulers, others to be ruled; and makes great Murderers and Theeves to be imprisoners, and hangers of little ones, or of sincere-hearted men.

And while we are made to labor the Earth together, with one consent and willing minde; and while we are made free, that every one, friend and foe, shall enjoy the benefit of their Creation, that is, To have food and rayment from the Earth, their Mother; and every one subiect to give accompt of his thoughts, words, and actions to none, but to the one onely righteous Judg, and Prince of Peace; the Spirit of Righteousness that dwells, and that is now rising up to rule in every Creature, and in the whole Globe. We say, while we are made to hinder no man of his Priviledges given him in his Creation, equal to one, as to another; what Law then can you make, to take hold upon us, but Laws of Oppression and Tyranny, that shall enslave or spill the blood of the Innocent? And so your Selves, your Judges, Lawyers, and Justices, shall be found to be the greatest Transgressors, in, and over Mankinde.

But to draw neerer to declare our meaning, what we would have, and what we shall endevor to the uttermost to obtain, as moderate and righteous Reason directs us; seeing we are made to see our Privileages, given us in our Creation, which have hitherto been denied to us, and our Fathers, since the power of the Sword began to rule, And the secrets of the Creation have been locked up under the traditional, Parrat-like speaking, from the Universities, and Colledges for Scolars, And since the power of the murdering, and theeving Sword, formerly, as well as now of late yeers, hath set up a Govenment, and maintains that Government; for what are prisons, and putting others to death, but the power of the Sword to enforce people to that Government which was got by Conquest and Sword, and cannot stand of it self, but by the same murdering power? That Government that is got over people by the Sword and kept by the Sword, is not set up by the King of Righteousness to be his Law, but by Covetousness, the great god of the world; who hath been permitted to raign for a time, times, and dividing of time and his government draws to the period of the last term of his allotted time; and then the Nations shall see the glory of that Government that shall rule in Righteousness, without either Sword or Spear,

And seeing further, the power of Righteousness in our hearts, seeking the livelihood of others as well as our selves, hath drawn forth our bodies to begin to dig, and plough, in the Commons and waste Land, for the reasons already declared,

And seeing and finding ourselves poor, wanting Food to feed upon, while we labor the Earth to cast in seed, and to wait till the first crop comes up; and wanting Ploughs, Carts, Corn, and such materials to plant the Commons withal, we are willing to declare our condition to you, and to all, that have the Treasury of the Earth, locked up in your Bags, Chests, and Barns, and will offer up nothing to this publike Treasury; but will rather see your fellow Creatures starve for want of Bread, that have an equal right to it with your selves, by the Law of Creation: But this by the way we onely declare to you, and to all that follow the subtle art of buying and selling the Earth with her Fruits, meerly to get the Treasury thereof into their hands, to lock it up from them, to whom it belongs; that so, such covetous, proud, unrighteous, selfish flesh, may be left without excuse in the day of Judgment.

And therefore, the main thing we aym at, and for which we declare our Resolutions to go forth, and act, is this, To lay hold upon, and as we stand in need, to cut and fell, and make the best advantage we can of the Woods and Trees, that grow upon the Commons, To be a stock for our selves, and our poor Brethren, through the land of England, to plant the Commons withal; and to provide us bread to eat, till the Fruit of our labors in the Earth bring forth increase; and we shall meddle with none of your Proprieties (but what is called Commonage) till the Spirit in you, make you cast up your Lands and Goods, which were got, and still is kept in your hands by murder, and theft; and then we shall take it from the Spirit, that hath conquered you, and not from our Swords, which is an abominable, and unrighteous power, and a destroyer of the Creation: But the Son of man comes not to destroy, but to save.

And we are moved to send forth this Declaration abroad, to give notice to every one whom it concerns, in regard we hear and see, that some of you, that have been Lords of Manors, do cause the Trees and Woods that grow upon the Commons, which you pretend a Royalty unto, to be cut down and sold, for your own private use, Thereby the Common Land, which your own mouths doe say belongs to the poor, is impoverished, and the poor oppressed people robbed of their Rights, while you give them cheating words, by telling some of our poor oppressed Brethren, That those of us that have begun to Dig and Plough up the Commons, will hinder the poor; and so blinde their eyes, that they see not their Priviledge, while you, and the rich Free-holders make the most profit of the Commons, by your over-stocking of them with Sheep and Cattle; and the poor that have the name to own the Commons, have the least share therein; nay, they are checked by you, if they cut Wood, Heath, Turf, or Furseys, in places about the Common, where you disallow.

Therefore we are resolved to be cheated no longer, nor be held under the slavish fear of you no longer, seing the Earth was made for us, as well as for you. And if the Common Land belongs to us who are the poor oppressed, surely the woods that grow upon the Commons belong to us likewise: therefore we are resolved to try the uttermost in the light of reason, to know whether we shall be free men, or slaves. If we lie still, and let you steale away our Birthrights, we perish; and if we Petition we perish also, though we have paid taxes, given free quarter, and ventured our lives to preserve the Nations freedom as much as you, and therefore by the law of contract with you, freedom in the land is our portion as well as yours, equal with you: And if we strive for freedom, and your murdering, governing Laws destroy us, we can but perish.

Therefore we require, and we resolve to take both Common Land, and Common woods to be a livelihood for us, and look upon you as equal with us, not above us, knowing very well, that England the land of our Nativity, is to be a common Treasury of livelihood to all, without respect of persons.

So then, we declare unto you, that do intend to cut our Common Woods and Trees, that you shall not do it; unlesse it be for a stock for us, as aforesaid, and we to know of it, by a publick declaration abroad, that the poor oppressed, that live thereabouts, may take it, and employ it, for their publike use, therefore take notice we have demanded it in the name of the Commons of England, and of all the Nations of the world, it being the righteous freedom of the Creation.

Likewise we declare to you that have begun to cut down our Common Woods and Trees, and to fell and carry away the same for your private use, that you shall forbear, and go no farther, hoping, that none that are friends to the Commonwealth of England, will endeavour to buy any of those Common Trees and Woods of any of those Lords of Mannors, so called, who have, by the murdering and cheating law of the sword, stoln the Land from younger brothers, who have by the law of Creation, a standing portion in the Land, as well, and equall with others. Therefore we hope all Wood-mongers will disown all such private merchandise, as being a robbing of the poor oppressed, and take notice, that they have been told our resolution: But if any of you that are Wood-mongers, will buy it of the poor, and for their use, to stock the Commons, from such as may be appointed by us to sell it, you shall have it quietly, without diminution; but if you will slight us in this thing, blame us not, if we make stop of the Carts you send and convert the Woods to our own use, as need requires, it being our own, equal with him that calls himself the Lord of the Mannor, and not his peculiar right, shutting us out, but he shall share with us as a fellow-creature.

For we say our purpose is, to take those Common Woods to sell them, now at first, to be a stock for our selves, and our children after us, to plant and manure the Common land withall; for we shall endeavour by our righteous acting not to leave the earth any longer intangled unto our children, by self-seeking proprietors; But to leave it a free store-house, and common treasury to all, without respect of persons; And this we count is our dutie, to endeavour to the uttermost, every man in his place (according to the nationall Covenant which the Parliament set forth) a Reformation to preserve the peoples liberties, one as well as another: As well those as have paid taxes, and given free quarter, as those that have either born the sword, or taken our moneys to dispose of them for publike use: for if the Reformation must be according to the word of God, then every one is to have the benefit and freedom of his creation, without respect of persons; we count this our duty, we say, to endeavour to the uttermost, and so shall leave those that rise up to oppose us without excuse, in their day of Judgment; and our precious blood, we hope, shall not be dear to us, to be willingly laid down at the door of a prison, or foot of a gallows, to justifie this righteous cause; if those that have taken our money from us, and promised to give us freedom for it, should turn Tyrants against us: for we must not fight, but suffer.

And further we intend, that not one, two, or a few men of us shall sell or exchange the said woods, but it shall be known publikly in Print or writing to all, how much every such, and such parcell of wood is sold for, and how it is laid out, either in victualls, corn, ploughs, or other materials necessary.

And we hope we may not doubt (at least we expect) that they that are called the great Councel and powers of England, who so often have declared themselves, by promises and Covenants, and confirmed them by multitude of fasting daies, and devout Protestations, to make England a free people, upon condition they would pay moneys, and adventure their lives against the successor of the Norman Conqueror; under whose oppressing power England was enslaved; And we look upon that freedom promised to be the inheritance of all, without respect of persons; And this cannot be, unless the Land of England be freely set at liberty from proprietors, and become a common Treasury to all her children, as every portion of the Land of Canaan was the Common livelihood of such and such a Tribe, and of every member in that Tribe, without exception, neither hedging in any, nor hedging out.

We say we hope we need not doubt of their sincerity to us herein, and that they will not gainsay our determinate course; howsoever, their actions will prove to the view of all, either their sinceritie, or hypocrisie: We know what we speak is our priviledge, and our cause is righteous, and if they doubt of it, let them but send a childe for us to come before them, and we shall make it manifest four wayes.

First, by the National Covenant, which yet stands in force to bind Parliament and people to be faithful and sincere, before the Lord God Almighty, wherein every one in his several place hath covenanted to preserve and seek the liberty each of other, without respect of persons.

Secondly, by the late Victory over King Charls, we do claime this our pnviledge, to be quietly given us, out of the hands of Tyrant-Government, as our bargain and contract with them; for the Parliament promised, if we would pay taxes, and give free quarter, and adventure our lives against Charls and his party, whom they called the Common enemy, they would make us a free people; These three being all done by us, as well as by themselves, we claim this our bargain, by the law of contract from them, to be a free people with them, and to have an equall priviledge of Common livelihood with them, they being chosen by us, but for a peculiar worke, and for an appointed time, from among us, not to be our oppressing Lords, but servants to succour us. But these two are our weakest proofs. And yet by them (in the light of reason and equity that dwells in mens hearts) we shall with ease cast down, all those former enslaving Norman reiterated laws, in every Kings raigne since the Conquest, which are as thornes in our eyes, and pricks in our sides, and which are called the Ancient Government of England.

Thirdly we shall prove that we have a free right to the land of England, being born therein as well as elder brothers, and that it is our equal right with them, and they with us, to have a comfortable livlihood in the earth, without owning any of our own kinde, to be either Lords, or Land-Lords over us: And this we shall prove by plain Text of Scripture, without exposition upon them, which the Scholars and great ones generally say, is their rule to walk by.

Fourthly, we shall prove it by the Righteous Law of our Creation, That mankinde in all his branches, is the Lord of the Earth and ought not to be in subjection to any of his own kinde without him, but to live in the light of the law of righteousness, and peace established in his heart.

And thus in love we have declared the purpose of our hearts plainly, without flatterie, expecting love, and the same sincerity from you, without grumbling or quarreling, being Creatures of your own Image and mould, intending no other matter herein, but to observe the Law of righteous action, endeavouring to shut out of the Creation, the cursed thing, called Particular Propriety, which is the cause of all wars, bloud-shed, theft, and enslaving Laws, that hold the people under miserie.

Signed for and in behalf of all the poor oppressed people of England, and the whole world.

Nota Bene

Il semble que réfléchir au terme de "communauté" est une position hautement politique.

La communauté dans ce qu'elle évoque de regroupement, de valeurs possibles, d'idées possibles, d'intentions, de mode de vie et d'actions pose aussi la question du "co-autorship".

Chaque membre d'une communauté et au sens plus large de société est amené à se poser les question suivantes:

Quel genre d'action chacun veut-il réaliser?
Quels mots chacun veut utiliser?
Dans quel genre d'endroits on veut aller?

Cela relève donc de la question de l'engagement.

Réfléchir à ces questions et au terme de communauté, c'est créer un champ de force qui connecte les gens entre eux, à travers le temps et l'espace; connecte à un pouvoir qui nous est sans cesse contesté ou qu'on ne croit pas posséder: celui de créer du vivant selon nos propres termes et convictions et soutenir cet élan créateur sur le long terme.
C'est affirmer une modalité d'engagement autonome et créative.

En balayant un grand champ de notion comme le langage, la théorie, la pratique, la croyance, la connaissance , la transmission, ... la réflexion autour de l'idée de communauté est hautement politique dans ce sens qu'elle permet une réflexion sur l' appropriation et l'effectivité de ces notions au delà des constats ou simple point de vue individuel.

La pratique politique est ici non pas le fait de coup de gueule affirmés, de prises de position mais de propositions personnelles, issues de recherches ou de l'imagination de chacun. C'est l'imagination et l'expression d'individualité dans un projet commun comme arme subversive.
Non pas un, mais des manifestes.
C'est un retour à l'honneur.

Laurent

vendredi 11 septembre 2009

Les Monstres de Bomarzo

The garden at Bomarzo was built in the sixteenth century by an Italian nobleman as a memorial to his wife Guilia. Populated by Fish-tailed Harpies, Fortified Elephants, a Grotto of Venus and a Mask of Madness, turtles, lions, dragons and bears, it was called a ‘sacred grove’ - Sacro Bosco, by its creator, Vicino Orsini (c.1513-84).

Like many other Italian Renaissance gardens, Vicino’s Sacro Bosco was anything but ornamental. Constructed rather with images and ideas, the garden and its statues can be read by the enlightened visitor like a book, providing a philosophical journey through themes such as love, death, memory and truth. Vicino’s garden-book is, however, obscure and ambiguous, and requires a knowledge of poets such as Dante, Petrarch and Ariosto to unravel; every reading produces a different set of ideas that reflect the complex personality of Vicino himself.

The visitor is nevertheless spared carrying around a library of Italian medieval and renaissance poetry by the many inscribed quotations that Vicino placed around his garden. On the pedestal of one of a pair of sphinges found in the garden is a typically gnomic sentence:

CHI CON CIGLIA INARCATE / ET LABBRA STRETTE / NON VA PER QUESTO LOCO / MANCO AMMIRA / LE FAMOSE DEL MONDO / MOLI SETTE

(He who does not visit this place with raised eyebrows and tight lips will fail to admire the seven wonders of the world.)

The mouth of Hell

The crumbling inscription around the lips of this extraordinary infernal vision; OGNI PENSIERO VO(LA) (all reason departs) can be completed by Giovanni Guerra’s drawing in which he noted the inscription as LASCIATE OGNI PENSIERO VOI CH’ENTRATE (abandon all reason, you who here enter). The reference to Dante’s inscription above the mouth of hell is clear, although Dante’s damned are told to abandon hope - speranza - rather than reason. Inside Vicino’s hell there is a picnic table, formed by hell’s tongue, and seating space for a small party.



http://www.artandarchitecture.org.uk/insight/stonard_bomarzo.html

Flags

Dan Graham, ARCADIA

Ce texte est un script pour un film qui sera à la fois un récit de science-fiction et un documentaire éducatif à propos de la relation de la cité moderne à Arcadie. Il s'agira d'une allégorie de la relation de la cité à son "autre", une lecture commençant avec l'abbé Laugier et Jean-Jacques Rousseau en passant par les "arcadies" hippies des années 60 (un rêve à peine achevé et déjà presque complétement oublié, mythique et inaccessible).

La scène se passe quelque part sur la terre, dans un futur indéterminé, dans un cadre proche des représentations de l'Arcadie néoclassique du peintre Nicolas Poussin mais aussi des descriptions de James Fenimor Cooper, typique de la première époque américaine. Ainsi un groupe de "hippies" néoclassiques vivent ensemble comme des bergers éternellement jeunes. Ils se modèlent sur les idéaux et la culture des hippies des origines, ceux des années 1960. A la différence des hippies, ce sont des Apollon, sans mode de vie dionysiaque apparent. Ce sont des utopiste, des artistes folks. Ils reproduisent les vieilles danses hippies et vouent leurs études à la communication, ainsi qu'à des expériences écologiques et archéologiques. Ils sont à la recherche d'un Equilibre entre l'Homme et la Nature et se considèrent comme responsables de l'intendance de la Terre. La relation de ces néo-hippies à la Culture hippie originale est similaire à la relation des néoclassiques français aux grecs anciens.

Ils vivent dans une réserve qui contient des restes d'une série de "parcs à thème". Ces adolescents philosophes enquêtent sur leur passé en explorant les ruines de pavillons à la Disneyland, réactivant leurs écrans vidéo et les multiples diaporamas qui diffusent des images animées d'architectures du passé superposées aux images vidéo d'un genre de parc à thème. Une voix programmées s'élève par dessus ce dispositif visuel et propose une lecture didactique de tout ce matériel historique. Le parc sera représenté par une animation en 3D. Il emprunte son modèle éducatif au parc de la Villette à Paris avec sa Géode, cette sphère de miroirs, et son Musée des Sciences et de l'Industrie, mais la partie des jeux du parc est plutôt modelée selon les principes de Rem Koolhas et non pas selon ceux de Bernard Tschumi. Voici pour l'aspect documentaire éducatif du projet. une source cruciale d'information pour cette mémoire historique est un ensemble de disques de hits du passé. Les chansons sont légèrement différentes de celles de notre présent car ce film propose une autre réalité. Par exemple, Marianne Faithful pourrait être la chanteuse des Rolling Stones et connaître la même carrière que Jim Morrison et les Doors.

Les néo-hippies découvrent qu'ils sont sous surveillance vidéo. Lors d'une fouille archéologique, il trouvent des indices sur leur situation réelle. Ce sont des cobayes privilégiés : après une vaste guerre nucléaire, la population mondiale relogée dans des cités sous la surface de la terre. Ils furent enfermés là, même bien après que la guerre fut finie et que la surface de la terre fut recouverte de forets un retour à la normale dont une élite aristocratique su profiter en prenant soin de diffuser de fausses informations télévisées sur les conditions de vie sur terre afin d'empêcher la population d'émerger du sous-sol. C'était intéressé, mais cela trouvait aussi une justification morale : si les masses remontaient, la surpopulation détruirait l'équilibre écologique précaire et pourrait provoquer une autre guerre catastrophique. Les néo-hippies étaient donc sans doutes les enfants de ces classes dirigeantes, envoyés dans cette nature préservée comme dans des tours d'ivoire, pour apprendre à gérer le dilemme insoluble de leur parents de la relation de l'homme à la terre. L'endroit où se trouvent les parents est obscur. Ils peuvent être morts ou partis pour un autre planète... La découverte de l'existence des masses opprimées sous la terre suscite chez les néo-hippies des questions quant aux utopies qu'ils ont développées au contact des pavillons du parc à thème . Ils sont pétris de culpabilité. Certains sombrent dans des rituels décadents, des jeux inspirés des peintures de Watteau et de Warhol. Leur culpabilité est équivalente à celle éprouvée par les hippies des années 60 lorsque la guerre du Vietnam fut terminée et qu'ils réalisèrent que leur propre plaisir obsessionnel était aux dépens de ceux qui étaient partis au "Nam" et qui n'en revinrent jamais ou furent anéantis par leurs expériences. Comme dans la peinture de Poussin, lorsque les jeunes Bergers d'Arcadie découvrent sur une tombe l'inscription : "Et in Arcadia Ego" qui dit, "Nous aussi, vécûmes en Arcadie", la mort fait alors son entrée dans l'Arcadie néo-hippie. Ils vivent désormais dans un cimetière. Et bien qu'ils aient été programmés pour croire qu'ils sont humains, ces néo-hippies comprennent d'après certains signes qu'ils sont en fait les sujets d'une expérience menée par une société scientifique qui leur serait contemporaine ou à peine plus récente. Ils ne vieillissent pas et ont été probablement "gelés" dans leur développement pour échapper à la peste et aux maladies provoquées par la guerre nucléaire ou venues des cités souterraines opprimées. Le parc dans lequel ils vivent est à la fois "Strawberry Fields" et "Elysian Fields", un modèle inspiré de la conception de la "Nature" selon Laugier et de celle de "l'Homme Naturel" selon Rousseau, qui sont eux-mêmes des contre-modèles des premières cités bourgeoises. Des "Elysian Fields" similaires étaient construits sous la forme de jardins dans des cimetières. Les premiers urbanistes des cités bourgeoises, avec leur compréhension des maladies et leur nouvelles mesures d'hygiène, firent déplacer les cimetières des églises intra muros à l'extérieur des villes. Ces jardins des cimetières étaient paysagés pour suggérer un paradis, un "Elysian Field". Les gens visitaient ces sortes de parcs pour communier à la fois avec la nature et avec l'esprit des défunts chéris. Le cimetière en Arcadie était une utopie. L'architecture dans laquelle les néo-hippies vivent est constituée de "huttes primitives" dont l'existence réveille le rêve de Rousseau d'un retour à la nature et aux formes élémentaires grecques dans un état non corrompu, un rêve énoncé comme une critique de la cité polluée. Les idéaux portés par ces néo-hippies rappellent aussi ceux des premières communautés utopistes implantées en Amérique et la croyance que l'Amérique était un nouvel Eden ; que l'homme pourrait tout recommencer, qu'il pourrait faire là l'expérience de la tabula rasa, un idéal expérimenté par les Shakers, les Mormons et d'autres.

Dan Graham, "Arcadia", in The Silent Baroque, curated by Christian Leigh, Ed. Galerie Thaddaeus Ropac, Salzburg, Autriche, 1989, p.64 (traduit de l'américain par Emilie Renard)